Le constructeur automobile Stellantis a annoncé un partenariat industriel avec le groupe chinois Dongfeng, ouvrant son usine de Chartres-de-Bretagne à la production de véhicules électriques chinois d'ici 2028. Cette décision intervient dans un contexte de baisse des ventes et de surcapacité des usines européennes du groupe italo-franco-américain.

Points Clés

  • Stellantis s'associe au constructeur chinois Dongfeng pour produire des voitures électriques dans son usine près de Rennes.
  • L'objectif est de pallier le manque d'activité et de sauvegarder les 2 200 emplois du site.
  • Ce partenariat pourrait permettre aux marques chinoises d'éviter les surtaxes européennes sur les véhicules électriques.
  • D'autres constructeurs chinois, comme BYD et Leapmotor, sont également en discussion ou en négociation avec Stellantis pour des collaborations similaires.
  • Cette stratégie vise à réduire les coûts de production et d'investissement en recherche et développement pour Stellantis.

Un Partenariat Stratégique Face aux Difficultés

Stellantis, confronté à une baisse de ses parts de marché en Europe (passant de 22% à 16%) et à une réduction significative de sa production depuis 2019, cherche des solutions pour redresser la barre. Les usines européennes du groupe souffrent d'une surcapacité moyenne de 50%. L'annonce de ce partenariat avec Dongfeng, qui permettra l'implantation de la marque chinoise Voyah en Europe, est perçue comme un moyen de relancer l'activité et de sécuriser les emplois sur le site de Chartres-de-Bretagne.

Contourner les Surtaxes Européennes

Au-delà de la sauvegarde des emplois, cette alliance revêt un caractère stratégique majeur pour les constructeurs chinois. La Commission européenne impose des surtaxes sur les voitures électriques chinoises neuves, en raison de coûts de production inférieurs. Pour contourner ces droits de douane, les constructeurs chinois cherchent à établir une production locale en Europe. L'acquisition ou le partenariat sur des sites de production existants, comme celui de Stellantis, permet une mise sur le marché plus rapide des véhicules, évitant ainsi les taxes. BYD, par exemple, prévoit d'ouvrir sa propre usine en Hongrie, un processus qui prendra au moins deux ans, tandis que l'utilisation d'usines existantes offre une solution immédiate.

Un Marché Chinois Saturé et une Europe Prioritaire

Selon Flavien Neuvy, directeur de l'Observatoire Cetelem, le marché intérieur chinois est désormais saturé. Avec une capacité de production de 40 millions de voitures par an pour un marché domestique de 27-28 millions, les constructeurs chinois ont impérativement besoin de trouver de nouveaux débouchés. L'Europe, troisième marché automobile mondial et avec un marché nord-américain largement fermé, devient une priorité absolue pour leur expansion.

Réduction des Coûts de Recherche et Développement

En s'associant avec des constructeurs chinois, Stellantis espère également bénéficier de leur expertise et réduire ses propres investissements en recherche et développement. Cette collaboration pourrait permettre de partager les coûts de conception et de développement de nouveaux modèles, à l'instar de ce que Renault a fait pour sa Twingo électrique, conçue en partie dans son centre de recherche à Shanghai. Cette perspective soulève cependant des inquiétudes syndicales quant à d'éventuelles suppressions de postes d'ingénieurs.

Partager